Décédée le 13 mars 1944, Ginette Fransois est une victime civile de la Deuxième Guerre mondiale. Elle avait 14 ans.
Ginette Pauline Cornélie Fransois est née le 29 avril 1929 à Coudekerque-Branche (Nord). Elle est la fille d’Auguste Louis Fransois, chauffeur-mécanicien à la SNCF, et de son épouse Suzanne Cornélie Caroline Demeulemeester.
Victime d’un bombardement (dont le lieu et la date ne sont pas connus), Ginette Fransois décède le 13 mars 1944 au domicile de ses parents au 21 rue Boucicaut à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Ses obsèques sont célébrées le 17 mars en l’Eglise St-Pierre-et-St-Paul de Fontenay-aux-Roses.
2ème prénom : Pauline pour l’acte de naissance établi par la mairie de Coudekerque-Branche (Nord), Paulette pour l’acte de décès et le bulletin de décès établis par la mairie de Fontenay-aux-Roses.
Le décès de cette jeune fille a suscité beaucoup d’émoi au sein de la population ; environ 300 Fontenaisiens ont participé à une souscription pour le financement de 3 couronnes à l’occasion de ses obsèques, le reliquat 5 450 Francs étant placé sur un livret au profit de son jeune frère André (né en 1934) gravement mutilé.
En application de la loi du 28 février 1922, et après avis émis le 13 février 1945 par le Secrétaire général des anciens combattants, la mention « Morte pour la France » a été attribuée à Ginette Fransois.
Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Fontenay-aux-Roses (où elle est l’une des trois femmes sur les 214 noms gravés).
Ginette Fransois est inhumée au sein du carré militaire du cimetière de Fontenay-aux-Roses (23ème division/027).
Camp de concentration de Neuengamme pendant la guerre
Décédé le 3 mai 1945, Georges Bailly est un résistant Fontenaisien mort en déportation en Allemagne.
Fils de Pierre Bailly (1872-1959) et de Catherine Kisch (1873-1921), Georges Marcel Bailly est né le 2 mai 1903 à Eloyes (Vosges). Le 23 avril 1927 il a épousé Reine Leriche à Paris 1er. Exerçant la profession d’électricien, il résidait 9 rue André Neyts à Fontenay-aux-Roses (92260).
Patriote, engagé dans la Résistance au sein des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), Georges Bailly est arrêté le 29 juillet 1944 rue André Salel à Fontenay-aux-Roses. Déporté, il est détenu au camp de concentration de Neuengamme en Allemagne.
Après l’évacuation du camp, il décède le 3 mai 1945 lors de la tragédie maritime de Lübeck.
Naufrage des bateaux de détenus dans la baie de Lübeck
Entre le 21 et le 26 avril 1945, les SS transportent environ 10.000 détenus, entassés dans 3 cargos, du camp central de Neuengamme jusqu’à Lübeck.
Juste avant que les troupes britanniques libèrent la ville de Lübeck, le 2 mai 1945 les bateaux quittent le port pour aller mouiller dans la baie.
Le 3 mai, les avions britanniques attaquent ces bateaux, croyant avoir à faire à des transports de troupes allemands. Les bateaux prennent feu et chavirent ; les détenus n’ont que très peu de chance de se sauver. Plus de 7.000 d’entre eux (dont Georges Bailly) périssent, à quelques heures probablement de leur libération.
Le nom de Georges Bailly est inscrit sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses.
Pour faire perdurer son souvenir, une rue porte son nom à Fontenay-aux-Roses (précédemment rue de la Lampe).
Mobilisés lors de la Première Guerre mondiale, les deux frères Roch, Georges et Albert, sont « Morts pour la France » en 1915 et 1916.
Les deux frères Roch, Georges et Albert, sont les enfants de Gustave Albert Roch et de Joséphine Albertine Bacq, qui se sont mariés le 27 décembre 1871 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Georges ROCH
Né le 7 juillet 1885 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Classe 1905, bureau de recrutement de la Seine (2ème bureau), matricule au recrutement 742, avec les mentions : « taille 1,67 m – cheveux et sourcils bruns, yeux châtain clair, front haut, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage ovale – degré d’instruction 3 – sait signer. »
Célibataire, il était domicilié au 3 impasse des Sergents à Fontenay. Il était cultivateur.
Soldat de 2ème classe au 54ème Régiment d’Infanterie (54ème R.I.), âgé de 30 ans, Georges Roch est tué à l’ennemi le 26 avril 1915 dans la tranchée de la-Calonne à Saint-Remy-la-Calonne au Bois-Haut (Meuse).
54ème R.I.
En 1914, e 54ème Régiment d’Infanterie est en garnison à Compiègne. Il fait partie de la 23ème Brigade d’Infanterie de la 12ème Division d’Infanterie du 6ème Corps d’Armée, dans laquelle il fait toute la guerre.
L’historique du 54ème R.I. mentionne : « Le 24 avril 1915, le 54ème R.I. est rassemblé en tenue de campagne à proximité de Rupt-en-Woëvre, il est passé en revue par le général commandant la 12ème Division d’Infanterie. Le 54ème R.I. est cité à l’ordre de l’Armée pour les combats soutenus depuis le 26 décembre 1914. À l’heure du déjeuner, le régiment est mis en état d’alerte et va s’établir à la lisière du bois de la Châtelaine en face de Mouilly. Le dimanche 25 avril le 54ème RI. est en liaison avec le 132ème R.I. sur sa gauche. Le 54ème R.I. sous le bombardement allemand (105 et 150) reçoit l’ordre de rendre ses tranchées inviolables. Le 87ème R.I. doit déboucher et attaquer devant Le 54ème R.I. L’attaque échoue et le régiment consolide ses nouvelles positions avant d’être relevé le 30 avril 1915.
Albert Roch
Né le 21 novembre 1877 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Classe 1897, bureau de recrutement de la Seine (2ème bureau), matricule au recrutement 4425, avec les mentions : « taille 1,67 m – cheveux et sourcils châtains, yeux bleus, front court, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, teint légèrement coloré – degré d’instruction 3 – sait signer. »
Marié à Marie Aurant le 24 juillet 1909 à Fontenay-aux-Roses, il était domicilié au 2 rue Laboissière à Fontenay. Il était ouvrier aux accumulateurs à la compagnie parisienne des tramways.
Soldat de 2ème classe au sein de la 22ème section des infirmiers militaires (22ème SIM), lors des combats il monte en première ligne où il est chargé du transport des blessés. Albert Roch décède à 39 ans le 29 décembre 1916 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris 5ème des suites d’une maladie contractée en service.
La mention « Mort pour la France » a été décernée à Georges et Albert Roch.
Les deux frères Roch sont inhumés dans le carré militaire du cimetière de Fontenay-aux-Roses : Georges 22ème/34 et Albert 23ème/32.
Sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses sont gravés les noms de Georges et Albert Roch (ainsi que celui d’Eugène Roch mort au combat en 1917 qui n’est pas leur frère).
Leurs noms sont également inscrits sur la plaque commémorative de la Première Guerre mondiale dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Fontenay-aux-Roses.
Engagé volontaire pour participer à la libération de la France, Jacques Gachelin est mortellement blessé au combat le 28 novembre 1944. Il avait 19 ans.
Fils de Jules Gachelin (1896-1972) et de Madeleine Hachée (1903-1999), Jacques Maurice Lucien Gachelin est né le 28 juin 1925 à Paris 16ème.
Scout de France du groupe parisien Massillon, le jeune Jacques Gachelin incorpore à la fin de l’été 1944 le 2ème Bataillon de Choc (2ème BC), unité qui s’est constituée lors de la libération de Paris en regroupant des étudiants (en particulier issu du lycée « Janson de Sailly ») et des ouvriers de l’ouest parisien. Le 2ème BC connait son baptême du feu le 22 novembre 1944 à Masevaux (Haut-Rhin), où il subit ses premières pertes. C’est lors de ces combats que Jacques Gachelin est tué à l’ennemi le 28 novembre 1944. Il avait 19 ans.
Tué à l’ennemi, la mention « Mort pour la France » a été décernée à Jacques Gachelin.
Le 2ème Bataillon de Choc (ou Bataillon Janson-de-Sailly)
Après la Libération de Paris en août 1944, le lycée « Janson de Sailly » se transforme en caserne pour les troupes de volontaires placées sous le commandement de Rol Tanguy. Ce sont des étudiants de Janson, de jeunes parisiens et d’autres venus de province.
À l’initiative du lieutenant-colonel Gayardon de Fenyol, ces jeunes recrues rejoignent la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny stationnée au Valdahon dans le Jura. Pour former un bataillon, le général de Lattre en demande 500, ils seront plus de 1300.
C’est 26 novembre 1944 à Masevaux (Haut-Rhin), premier village d’Alsace solidement tenu par les troupes allemandes, que le 2ème Bataillon de Choc « Janson de Sailly » a son baptême du feu où tombent plusieurs d’entre eux (environ une trentaine dont Jacques Gachelin). Puis ce seront les libérations de Sickert, Bourbach-le-Haut, Sausheim, Etueffort, Richwiller. Le 2ème Choc suit la marche de la 1ère Armée jusqu’à Berlin et participe à la victoire sur le Troisième Reich.
Le bataillon reçoit son drapeau des mains de son parrain, le Major américain William Bullitt, attaché au QG du général de Lattre de Tassigny. 170 d’entre eux feront le sacrifice de leur vie pour que vive la France, libre et fidèle à ses valeurs. Leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts dans la cour d’honneur du lycée, mais aussi dans les bourgs où ils sont tombés.
La mémoire du 2ème Bataillon de Choc a été confiée au lycée « Janson de Sailly », où son fanion est en bonne place dans le hall du 106 rue de la Pompe, Paris 16ème.
Jacques Gachelin est inhumé dans la tombe familiale au cimetière de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) (7ème section/384).
Paul Varney est tué à l’ennemi le 5 juin 1915 à Laneuveville-au-Bois (Meurthe-et-Moselle). Il avait 25 ans.
Fils de Léon Varney et de Maria Darnet, Paul Louis Varney est né le 28 janvier 1890 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Il a deux sœurs : Marguerite et Jeanne. Passionné de théâtre et de musique, il participe à des spectacles donnés par les jeunes du Patronage St-Pierre-et-St-Paul.
Domicilié 6 ruelle des Marinières à
Fontenay-aux-Roses, Paul Varney était célibataire et il exerçait le métier de
typographe.
Classe 1910, bureau de recrutement de la Seine
(3ème bureau) avec le matricule de 4362, avec les mentions : « taille 1,64, cheveux et sourcils
bruns, yeux gris bleu, front ordinaire, nez ordinaire, bouche moyenne, menton
rond, visage ovale – degré d’instruction 4 – musicien, sait jouer de la Basse –
Tir a obtenu un prix – sait faire du vélo ».
Communion de Paul Varney -Famille Varney à Fontenay-aux-Roses vers 1905-Léon et Maria Varney et leurs filles : Marguerite (avec son mari Luc Molini) et Jeanne
Classe 1910, bureau de recrutement de la Seine (3ème bureau) avec le matricule de 4362, avec les mentions : « taille 1,64, cheveux et sourcils bruns, yeux gris bleu, front ordinaire, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage ovale – degré d’instruction 4 – musicien, sait jouer de la Basse – Tir a obtenu un prix – sait faire du vélo ».
Sergent, Paul Varney est affecté au 71ème Bataillon des Chasseurs à Pied, unité d’Infanterie Légère, engagée en Lorraine dans le secteur de Croismare-Marainviller- Emberménil-La Neuville.
Au sujet de la période du premier semestre 1915, l’historique du 71ème BCP mentionne : « Le 71ème BCP, écrit le général commandant le 2ème CDR, vient à nouveau de se distinguer dans une reconnaissance sur Emberménil. Je vous prie de donner en exemple aux troupes sous vos ordres les officiers et les unités qui ont exécuté de semblables coups de main. » Le bataillon organise le secteur, tranchées, boyaux, réseaux de fil de fer. Le front, en général calme, s’anime parfois de rapides coups de main, ou de rencontres de patrouilles. Le 26 mars, au cours d’une action sur tout le front de la forêt de Parroy, la 9ème compagnie engage un dur combat et perd une quarantaine de chasseurs, tant tués que blessés. Les éclaireurs du Bataillon capturent un poste ennemi. La belle conduite des éclaireurs du Bataillon et de la 9ème compagnie leur vaut les félicitations du général Humbert, commandant le détachement de l’armée de Lorraine. Le village d’Emberménil change plusieurs fois de mains. Occupé de nouveau par la 8ème compagnie le 18 juin, il reste en notre possession.
Quatre jours après avoir adressé une carte postale à sa sœur Jeanne (où il indiquait être en bonne santé), le Sergent Paul Varney est tué à l’ennemi le 5 juin 1915 à la côte 274 à Laneuveville-au-Bois (Meurthe-et-Moselle).
Mention « Mort pour la France »
Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses.
Paul Varney est inhumé dans la tombe familiale au cimetière de Fontenay-aux-Roses (10ème section/511).
Acte de décès d’Eugène Roch, mentionnant sa mort pour la France le 22 août 1917.
La courte vie d’Eugène Roch
Eugène Roch est tragiquement tombé au champ d’honneur le 22 août 1917 au Bois des Fosses, dans le secteur de Douaumont (Meuse), à l’âge de seulement 21 ans. Son sacrifice lui a valu la mention « Mort pour la France ».
Origines et jeunesse à Fontenay-aux-Roses
Fils de Joseph Célestin Roch et de Léonie Henriette Bertrand, mariés le 3 juin 1876 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), Eugène est né dans cette même commune le 29 mars 1896.
Célibataire, il résidait au 5 rue Antoine Petit à Fontenay et exerçait la profession de garçon maçon.
Son parcours militaire et la Classe 1916
Appartenant à la Classe 1916, il fut enregistré au bureau de recrutement de la Seine (2ème bureau) sous le matricule 5083. Les archives le décrivent avec les mentions suivantes :
Taille : 1,54 m
Cheveux et sourcils blonds
Yeux gris bleus
Nez rectiligne, visage ovale
Degré d’instruction : 2
Compétences : sait monter à cheval, conduire et soigner les chevaux, conduire les voitures
Sait signer
Ajourné 1 an.
Engagé comme soldat de 2ème classe, Eugène Roch servait au 94ème Régiment d’Infanterie (94ème R.I.) lorsqu’il a été tué.
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Le 94ème Régiment d’Infanterie durant la Grande Guerre
En 1914, le 94ème Régiment d’Infanterie était caserné à Bar-le-Duc. Il faisait partie de la 83ème Brigade d’Infanterie de la 42ème Division d’Infanterie du 6ème Corps d’Armée.
L’insigne du 94ème Régiment d’Infanterie, où servait Eugène Roch.
L’engagement du 94ème R.I. à Verdun en août 1917
En août 1917, le 94ème R.I. fut activement engagé dans la seconde bataille de Verdun. Cette offensive majeure, sous les ordres du général Guillaumat, débuta le 20 août sur un front de 18 kilomètres, des deux côtés de la Meuse. Les troupes françaises remportèrent des victoires significatives :
À droite : prise de la côte de Talou, Champneuville, la cote 344.
À gauche : reprise du Mort-Homme, du bois des Corbeaux, d’Avocourt, de Cumières.
Les jours suivants, l’avancée continua avec la prise de Samogneux (rive droite) et de Regnéville et la Côte de l’Oie (rive gauche) le 21. Après avoir repoussé des contre-attaques, la cote 304 fut enlevée le 24, et le bois des Fosses ainsi que le bois de Beaumont le 26.
En septembre, suite à l’occupation du bois des Caurières, l’Armée française était revenue à ses anciennes lignes de 1916, et les tentatives allemandes du début d’octobre pour reprendre ces positions restèrent infructueuses.
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La mémoire d’Eugène Roch
La mention « Mort pour la France » a été décernée à Eugène Roch, soulignant son sacrifice pour la patrie.
Hommage à Fontenay-aux-Roses
Le nom d’Eugène Roch est inscrit sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses. Il y figure aux côtés d’Albert et de Georges Roch, qui ne sont pas ses frères.
Le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses, lieu de souvenir pour les soldats de la Grande Guerre.
Son nom est également gravé sur la plaque commémorative de la Première Guerre mondiale située dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Fontenay-aux-Roses.
La plaque commémorative de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, honorant Eugène Roch.
À ce jour, le lieu d’inhumation d’Eugène Roch demeure inconnu ; il ne repose pas au cimetière de Fontenay-aux-Roses.
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Sources
Pour la rédaction de cet article, les informations ont été puisées dans les sources suivantes :
Femme politique française, épouse d’un résistant fusillé par l’occupant, la Fontenaisienne Hélène Solomon-Langevin est une résistante déportée à Auschwitz en Allemagne en 1943.
Hélène Henriette Langevin nait le 25 mai 1909 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Elle est l’un des quatre enfants de Paul Langevin, professeur au Collège de France, et de son épouse Emma Desfosses, alors domiciliés au 53 rue Boucicaut à Fontenay-aux-Roses. Elle suit ses études secondaires au lycée Fénelon à Paris.
Le 24 juillet 1929 elle épouse Jacques Solomon, étudiant en médecine, avant de devenir physicien. Le couple réside 3 rue Vauquelin à Paris 5ème Dans les années 1930, elle participe au Comité mondial des femmes contre le fascisme. En 1935, un an après son mari, elle adhère au Parti communiste français.
A l’été 1940, elle entre avec son mari dans l’action clandestine contre l’occupant Nazi ; elle participe alors activement à la diffusion du journal clandestin « L’université libre » qui parait à partir de novembre 1940 ainsi qu’à la revue « La Pensée libre ». Elle est membre du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Son mari est arrêté le 1er mars 1942, à la suite de l’arrestation de Georges Politzer, à un moment où les arrestations se multiplient dans ce réseau de Résistance. L’arrestation d’Hélène Solomon-Langevin, agent de liaison, a lieu le lendemain, gare Saint-Lazare à Paris, lorsqu’elle vient récupérer une valise mise en consigne pour le cas où elle devrait partir d’urgence. Elle est incarcérée du 23 mars au 24 août 1942 à la prison de la Santé où elle est détenue au secret. Là elle fait ses adieux à son époux Jacques Solomon avant qu’il soit fusillé le 23 mai 1942 au fort du Mont-Valérien. Elle est transférée au fort de Romainville d’où elle est déportée à Auschwitz par le convoi du 24 janvier 1943 dit « convoi des 31000 », où elle est tatouée du numéro 31684 ; elle est dans le même convoi de prisonniers politiques que Marie-Claude Vaillant-Couturier, Charlotte Delbo, Danielle Casanova et Maï Politzer.
À Auschwitz, en février 1943, elle est choisie pour être transférée au camp de Raisko auquel on affecte des chimistes, des botanistes et des biologistes pour travailler à extraire du latex d’une variété de pissenlit. Elle quitte alors Birkenau avec trois autres déportées de son convoi pour un bâtiment où les conditions de vie sont un peu moins mauvaises (possibilité de se laver, appel qui ne dure que quelques minutes), puis pour le camp de Raisko en juillet, une fois que la construction du laboratoire où elle va travailler est achevée. Les déportées de Raisko, où les conditions de vies sont un peu plus supportables (il y a des lits individuels, les déportées ne sentent plus l’odeur des fours crématoires dont elles sont plus éloignées, elles peuvent recevoir des colis et envoyer un peu de courrier), font en sorte que d’autres déportées du même convoi puissent venir comme jardinières pour préparer la culture des pissenlits. Transférée à Ravensbrück avec les autres déportées de Raisko le 14 août 1944, Hélène Solomon-Langevin est envoyée comme infirmière aux usines Bosch, près de Berlin, en octobre de la même année. En avril 1945, les déportés de ce camp sont transférés à Oranienburg-Sachsenhausen à la suite de bombardements, camp évacué quelques jours plus tard. Les Nazis prennent la fuite le 3 mai et les prisonnières sont aidées par des soldats français : Hélène Solomon-Langevin rentre par le train jusqu’à Lille le 14 mai 1945 puis à la gare du Nord à Paris où ses parents viennent la chercher.
Après la Libération, il lui est très difficile de revenir à une vie normale. Elle imagine d’abord pouvoir travailler, reprendre ses études, continuer le militantisme. Elle est élue députée communiste de Paris à l’Assemblée constituante en octobre 1945, puis réélue en juin 1946. Elle compte ainsi parmi les premières femmes députées de l’histoire française. Mais sa santé est trop mauvaise, les séances de nuit à l’Assemblée nationale la fatiguent trop, elle ne se représente pas aux élections de novembre 1946 et doit prendre le temps de se soigner.
Le 13 décembre 1947, elle témoigne à Cracovie (Pologne) au procès de 40 gardiens d’Auschwitz.
En 1948, elle arrive enfin à reprendre une activité professionnelle : elle devient bibliothécaire au Centre de documentation du CNRS, mais seulement à mi-temps, ne retravaillant à temps plein qu’en 1952. Elle se remarie en 1958 avec André Parreaux, l’un des rédacteurs en chef de « La Pensée », titulaire de la chaire de civilisation anglaise à la Sorbonne.
Hélène Solomon-Langevin décède le 16 janvier 1995 à Sens (Yonne). Ses obsèques se déroulent le 23 janvier au cimetière de Vaudoué (Seine-et-Marne).
Aumônier militaire, l’abbé Edouard Turgis décède des suites de ses blessures au combat le 26 août 1916 à Etinehem dans la Somme.
Edouard Pierre Turgis est né le 10 février 1873 à Paris (5ème). Il a été élevé par la famille du pépiniériste François Moreau dont il était le jeune beau-frère
Classe 1893, 3ème bureau de recrutement de la Seine avec le matricule 3787.
Ordonné prêtre en 1898, l’abbé Turgis fut quelques temps professeur à Petit Séminaire (19 rue Notre-Dame des Champs), vicaire au Kremlin-Bicêtre, à Saint-Michel puis à l’église de la Sainte-Madeleine à Paris (8ème) où durant 8 ans il travailla à soulager nombre de détresses et de misères morales, en particulier chez les jeunes employées de maison. Peu avant 1914 il avait créé l’œuvre des midinettes (appelée « œuvre du midi ou dinette du midi ») pour accueillir les ouvrières et employées du quartier et leur permettre de faire réchauffer leur gamelle sur des poêles à charbon. Compte tenu du succès de son initiative, plusieurs paroisses adhérèrent à « l’œuvre du midi », tant le phénomène d’afflux des personnes venant travailler à Paris devient important.
Mobilisé dès le début de la Grande Guerre, l’abbé Turgis est affecté en qualité d’aumônier militaire à la 4ème Section d’infirmiers militaires (4ème SIM). Il participe à la bataille de la Somme (qui se déroula du 1er juillet au 18 novembre 1916). Grièvement blessé dans la nuit du 25 août 2016, il décède à 43 ans le 26 août 1916 à Etinehem (Somme).
Pour la bravoure et son dévouement sans bornes, l’abbé Edouard Turgis s’est vu décerner la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Titulaire de la Croix de Guerre.
Mention « Mort pour la France ».
L’Abbé Edouard Turgis est inhumé au cimetière de Fontenay-aux-Roses.
Les deux frères Lemaire, Emile et Joseph, ont été mobilisés comme soldats au sein du même régiment, le 354ème d’Infanterie. Ils ont été tués à l’ennemi à deux mois d’intervalle, le 28 septembre 1915 et le 23 novembre 1915, tous les deux à Souain-Perthes-lès- Hurlus dans la Marne. Ils avaient 28 et 24 ans.
Fils de Louis Jules Lemaire et d’Elisabeth Gusguillert, Emile Lemaire est né le 22 août 1887 et son frère Joseph le 4 octobre 1891, tous les deux à Châtillon (Hauts-de-Seine).
Célibataires, ils étaient domiciliés 6 impasse des Sergents, et ils exerçaient la profession de maçon.
Emile Lemaire
Classe 1907, bureau de recrutement de la Seine (3ème bureau), matricule au recrutement 4417, avec les mentions : « taille 1,73 m – cheveux et sourcils châtains, yeux bleus, front haut, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage ovale – degré d’instruction 3 – sait signer – exempté car soutien de famille ».
Soldat de 2ème classe au 354ème Régiment d’Infanterie, il est tué à l’ennemi le 28 septembre 1915 aux environs de Souain-Perthes-lès- Hurlus dans la Marne.
Joseph Lemaire
Classe 1907, bureau de recrutement de la Seine (3ème bureau), matricule au recrutement 4417, avec les mentions : « taille 1,78 m – cheveux et sourcils blonds châtains, yeux bleus clairs, front haut, nez ordinaire, bouche moyenne, menton à fossette, visage ovale, teint coloré, cicatrice au cou – degré d’instruction 4 – sait signer – soutien de famille ».
Soldat de 2ème classe au 354ème Régiment d’Infanterie, il est tué à l’ennemi le 28 novembre 1915 au combat aux tranchées à Souain-Perthes-lès- Hurlus dans la Marne.
354ème R.I.
Le 354ème Régiment d’Infanterie a été constitué en 1914 avec les bataillons de réserve du 154ème Régiment d’Infanterie. Il porte dans les plis de son Drapeau les inscriptions « L’Ourcq 1914 » et « Champagne 1915 ».
En 1915, le régiment combat dans la Marne, dans les tranchées, lors de l’offensive de Champagne.
L’historique du 354ème R.I. mentionne : « Le 17 septembre 1915, le 354ème s’embarque à Hesdin et débarque à Oiry, entre Epernay et Châlons, puis il s’achemine peu à peu vers la grand bataille qui devait commencer le 25 septembre dans la Marne. Dès le 25 il est engagé dans la lutte, d’abord en face de St-Souplet, à côté de son frère aîné le 154ème, qui combat à Aubérive, puis il se porte au-delà des tranchées ennemies conquises, en direction de la ferme Navarin, près de laquelle le Colonel Bonne, comme tant d’autres de ses hommes, fut tué par un des innombrables obus de 150 qui ne cessaient de pleuvoir sur les colonnes d’attaque. Le 27 septembre il arrive en face de la troisième ligne ennemie devant la fameuse Butte de Souain. Le 28 septembre, il s’élance à l’assaut de cette position, sa marche guidée par le Lieutenant-Colonel Mathis est superbe sous le feu de l’ennemi. La première vague d’assaut commandée par le Capitaine Praeger s’avance dans un ordre parfait poussée par la deuxième vague, sous le commandement du Capitaine Montignault qui la suit dans le même ordre à cinquante pas de distance et la rejoint pour pénétrer ensemble dans les tranchées ennemies.
Mais hélas, on se heurte à des réseaux de fil de fer barbelé que, ni l’artillerie ni les torpilles n’ont pu entamer et qui sont parfaitement intacts. En vain, sous une pluie de fer, chacun cherche un passage pour aborder l’adversaire. Presque en entier le régiment serait tombé si la sagesse du chef n’avait maîtrisé son élan. Néanmoins ses pertes furent très lourdes et dans cette seule journée il avait perdu en tant que tués et blessés 20 officiers et près de 800 hommes…
(28 septembre 1915 décès d’Emile Lemaire)
…Après avoir reçu des renforts, le régiment se porte le 4 novembre 1915 à Suippes, où il exécute des travaux de seconde ligne jusqu’au 17 novembre, époque à laquelle il va relever les 170ème et 1741ème dans les tranchées au nord de Souin, face à Ste-Marie-à-Py ».
(23 novembre 1915 décès de Joseph Lemaire)
Le 354ème R.I. est dissous en juin 1916, après un passage pour la lutte par Verdun.
Les frères Emile et Joseph Lemaire se sont vus décerner la mention « Mort pour la France ».
Le nom de chacun est gravé sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses.
Emile et Joseph Lemaire sont inhumés dans le carré militaire du cimetière de Fontenay-aux-Roses.
Le Sergent Lucien Hurier est mortellement blessé en Algérie le 6 avril 1956.
Lucien Jean Hurier est né le 5 juin 1921 à Bagneux dans les Hauts-de-Seine.
Militaire, il sert dans la Légion Etrangère sous le pseudonyme de Lucien Hurdt.
Lors de la Guerre d’Algérie, le Sergent Hurier (alias Hurdt), affecté 5ème Régiment Etranger d’Infanterie (5ème REI – 3ème Bataillon), est mortellement blessé le 6 avril 1956 à Tlemcen (ex département d’Oran), alors que le 3ème Bataillon accroche une compagnie rebelle se repliant après une embuscade.
La mention « Mort pour la France » lui est attribuée en date du 18 décembre 1956.
Dans le cimetière communal de Bagneux, une plaque mémorielle mentionne Lucien Hurier dans la liste des Balnéolais tombés au cours de la Guerre d’Algérie.
Sur le Monument aux Morts de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), ville où résidait sa mère au 32 rue Georges Bailly, c’est « L. Hurd » qui est mentionné (alors qu’il servait sous le pseudonyme de Hurdt).
Le Sergent René Breton est mort des suites de ses blessures au combat le 9 octobre 1918 à Sommepy-Tahure dans la Marne. Il avait 26 ans.
Fils de Albert Louis Breton et de Marie Eugénie Billard, René Léon Louis Breton est né le 11 avril 1892 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Célibataire (fiancé à Lucie Rebiffé), il résidait 7 rue des Châtaigniers (recensement de 1911) et il exerçait le métier de pépiniériste chez son père.
Classe 1912, bureau de recrutement de la Seine (3ème bureau), matricule au recrutement 433, avec les mentions : « taille 1,65 m – cheveux et sourcils châtains, yeux marrons clairs, nez ordinaire, bouche moyenne, menton saillant, visage ovale – degré d’instruction 3 – sait faire du vélo – sait signer. »
44ème Régiment d’Infanterie
René Breton sert au sein du 44ème Régiment d’Infanterie avec le grade de Sergent. Du 7 au 13 août 1916, son régiment combat dans le bois de Hem lors de l’offensive de la Somme ; à cette occasion, René Breton s’illustre par sa bravoure au combat ce qui lui vaut la citation suivante : « Le 12 août 1916 a montré un mépris absolu du danger en entraînant sa demi-section à l’assaut d’un fortin garni de mitrailleuses ». En 1918, lors de l’offensive de Champagne, le 44ème RI participe du 25 septembre au 9 octobre 1918 aux combats qui se déroulent à la butte de Tahure dans la Marne ; c’est là que le Sergent René Breton décède des suites de blessures de guerre dans l’ambulance au croisement des routes Marchand et de Souain à Sommepy-Tahure le 9 octobre 1918, jour où le 44ème RI est relevé après quatorze de jours de lutte ardente et victorieuse contre l’ennemi.
Pour ce qui concerne cette période du 25 septembre au 9 octobre 1918, l’historique du 44ème R.I. mentionne : « Magnifique régiment dont les brillantes qualités d’offensive ont, pendant les journées des 26, 27 et 28 septembre, triomphé de toutes les résistances ennemies sur une profondeur de plus de 9 kilomètres. Sous le commandement du lieutenant-colonel Niéger, qui a une fois de plus entraîné ses troupes dans une irrésistible charge, a formé pendant toutes les opérations l’échelon avancé de la division, ouvrant le chemin, manœuvrant sans cesse, débordant la Butte-de-Tahure, répondant à toutes les contre-attaques par des attaques nouvelles et infligeant à l’ennemi les plus lourdes pertes ; s’est distingué à nouveau devant le signal d’Orfeuil où, par ses efforts répétés, il a contraint l’ennemi décimé à abandonner ses positions, faisant 360 prisonniers de huit régiments d’infanterie différents, capturant 31 canons, dont 10 lourds, 131 mitrailleuses lourdes et légères, 12 minenwerfers et un matériel considérable. »
René Breton s’est vu attribuer la mention « Mort pour la France ».
Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Il est inhumé dans la tombe familiale au cimetière de Fontenay-aux-Roses (9ème section/451).
Soldats et Drapeaux du 44ème RI à Paris le 14 juillet 1917
Léon Bachelart est mort au combat le 20 mai 1940 lors de la bataille des Ardennes dans la forêt de Dieulet (Ardennes). Il avait 32 ans.
Photo : Section du 43ème RIC, automne 1939.
Léon Adolphe Henri Bachelart est né le 15 septembre 1907 à Reims (Marne).Militaire affecté au 43ème Régiment d’Infanterie Coloniale (43ème RIC), il est mort au combat le 20 mai 1940 lors de la bataille des Ardennes dans la forêt de Dieulet (Ardennes).
43ème RIC
Le 43ème Régiment d’Infanterie Coloniale a été créé en 1914 et dissous en 1919. Il a été recréé en août 1939 où il est mobilisé au CMI n° 59 d’Asnières-les-Bourges (Cher) et intégré à la 6ème Division d’Infanterie Coloniale (6ème DIC).
Bataille des Ardennes (10 mai – 10 juin 1940)
Le 43ème RIC fait partie des Troupes Coloniales qui ont participé à la bataille des Ardennes (10 mai – 10 juin 1940)
La bataille dont les Ardennes (belges, puis françaises) sont le théâtre, du 10 mai au 10 juin 1940 est l’une des principales de la campagne du printemps 1940. La part qu’y prennent les Troupes Coloniales est considérable : 3 divisions, 2 demi-brigades, plusieurs régiments non endivisionnés, d’artillerie principalement. Elles se déroulent en deux phases successives, de formes très différentes, de durée et d’intensité inégales. Il y a d’abord une attaque-surprise, brutale et brève (48 h), en trois points du front initial de la Meuse (Sedan, Monthermé, Dinant) sur les IIe et IXe armées françaises (1). Cette attaque est conduite à un rythme infernal, du « très fort » au « très faible », par des formations d’élite (infanterie, blindés, aviation) bien équipées, armées et entraînées pour cela, face à un système de défense déficient, généralement étiré et insuffisamment organisé. Elle aboutit les 13 et 14 mai à la rupture du dispositif allié en son centre par une triple brèche dans laquelle s’engouffrent, en direction de l’ouest dès le 15 matin, une masse de blindés couverts par une aviation maîtresse du ciel : sept « Panzerdivision » (PZD) (2), soit environ 2 000 chars, dont un bon tiers, il est vrai, très légers. C’est ensuite, après l’anéantissement de la IXe armée, la défense statique d’une position par la IIe armée durant près de 4 semaines (16 mai – 10 juin) face au nord, sur un terrain favorable, de l’Aisne d’Attigny à la ligne Maginot de Montmédy. Dans la première phase, les unités françaises, mal engagées et surclassées par un adversaire d’un « autre pied », sont écrasées et balayées dans une lutte inégale, malgré généralement la bonne tenue et même très souvent l’héroïsme des combattants. Par contre, au cours de la seconde, qui voit l’emploi de moyens plus classiques de combat (infanterie, artillerie), selon une tactique proche de celle de 1918, dans une situation de déséquilibre des forces moins flagrante qu’auparavant, elles stoppent leur adversaire, lui tiennent tête en lui disputant pied à pied le terrain, prenant sur lui fréquemment mais localement l’avantage, sans, hélas jamais inquiéter sa manœuvre générale qui se développe ailleurs. le repli, ordonné le 10 juin au soir, en raison de la dislocation du front de la Somme à l’Aisne, met fin à la bataille des Ardennes. Invaincues sur place, les divisions de la IIe Armée (dont 3 coloniales, 1ère, 3e et 6e DIC) tentent alors d’échapper à l’encerclement et à la capture, combattant le jour, marchant la nuit, perdant chaque fois une partie de leurs moyens, dans une manœuvre en retraite précipitée vers le sud-est.
Léon Adolphe Henri Bachelart est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Fontenay-aux-Roses.
Mention « Mort pour la France ».
Son nom figure sur le Monument aux morts de Fontenay-aux-Roses.
Maquisard FTPF, Sylvain Herrero a été fusillé le 25 janvier 1944 à Mézières dans les Ardennes en exécution d’un jugement des tribunaux militaires allemands.
Sylvain Herrero est né le 17 septembre 1923 à Dôle (Jura).
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO) et réfugié au maquis Francs-tireurs et partisans (FTP) dit « de Launois » à Viel-Saint-Rémy (Ardennes), Sylvain Herrero fut arrêté pour « activité terroriste » à Launois le 15 décembre 1943 lors de la grande opération de police menée par la Wehrmacht et la Sipo-SD contre le maquis.
Condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand de Charleville (FK 684) le 14 janvier 1944, il a été fusillé, avec six de ses camarades, le 25 janviers 1944 au plateau de Berthaucourt à Mézières (Ardennes).
Sylvain Herrero était le beau-frère du Fontenaisien René Vauthier, également maquisard FTPF, qui a lui aussi été fusillé au plateau de Berthaucourt à Mézières le 7 février 1944.
Sylvain Herrero est inhumé dans le carré militaire du cimetière de Dôle (Jura).
Le nom de Sylvain Herrero figure sur le mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).
Il figure également sur le Monument aux Morts de Dôle (Jura), de Viel-Saint-Rémy (Ardennes), ainsi que sur celui de Fontenay-aux-Roses, à côté des noms de René Vauthier et de René Isidore également fusillés à Mezières le 7 février 1944.
Raymond Lesueur, Fontenaisien reconnu « Juste parmi les Nations » pour avoir caché un couple de juifs entre 1942 et 1944.
Fils de Ernest Lesueur et de Jeanne Maugey, Raymond Lesueur est né le 13 septembre 1923 à Paris 20ème.
En 1942, Raymond Lesueur, âgé de 19 ans, travaille dans une maroquinerie. Il habite avec son père à Paris 20ème dans un immeuble où vivent plusieurs familles juives.
Ses voisins de palier, Méri et Sznul Medman, «que tout le monde aimait beaucoup», échappent de peu à la rafle du Vélodrome d’Hiver (Vel d’Hiv) de 1942 et ils doivent se résoudre à se cacher dans le grenier de l’immeuble.
Ils n’en sortiront pas pendant deux ans. Raymond et son père les aident à aménager un espace sécurisé, à peine plus grand qu’un placard.
Raymond leur rend visite régulièrement «pour demander s’ils avaient besoin de quelque chose».
Il leur apporte de la nourriture, qu’il parvient à trouver malgré les tickets de rationnement.
Une débrouille de chaque jour que l’on devine entre les lignes : «Une fois, se souvient-il, j’ai dû prendre le train pour aller chercher des pommes de terre. J’en avais ramené deux kilos ».
Mais, arrivé à la gare, des gendarmes les lui confisquent. Une autre fois, il trouve une infirmière pour fabriquer de faux papier à Méri, qui gravement malade, doit aller à l’hôpital. «Sinon, elle aurait été dénoncée. Nous sommes allés à pied jusqu’à l’hôpital Bichat. A la terrasse d’un café, des SS étaient attablés comme des princes, enrage-t-il encore. Elle a eu peur. Je lui ai serré le bras et dit de continuer comme si de rien n’était.» Et en août 1944, il monte une dernière fois dans le grenier pour annoncer au couple Medman que les Américains libèrent Paris : «Je leur ai dit que c’était bon, qu’ils pouvaient sortir.»
Le risque d’être fusillé si on le dénonçait ? «On n’y pensait pas à l’époque. Sinon, on n’aurait pas pu continuer à vivre. On espérait chaque jour l’arrivée des Alliés.».
En 1944, Raymond Lesueur rejoint les troupes du général Leclerc : «Je ravitaillais en essence les chars, à 1 km du front, lâche-t-il, toujours avec ce même détachement.»
A son retour, Raymond Lesueur épouse le 29 décembre 1945 à la mairie de Paris 18ème, Elsa Medman la nièce du couple qu’il a protégé, lui en tenue de militaire et elle dans une robe confectionnée avec la soie d’un parachute abandonné lors de la libération de Paris.
Comme son oncle et sa tante, celle qui allait devenir Madame Lesueur avait préalablement miraculeusement échappé à la rafle du Vel d’Hiv. Mais ses parents et son frère n’ont pas cette chance. Elsa Medman a dû élever ses deux jeunes sœurs, cachant quotidiennement son étoile jaune à l’aide d’un livre qu’elle portait toujours à son bras gauche. Quand elle rendait discrètement visite à son oncle et sa tante, caché dans leur grenier, elle rencontrait Raymond Lesueur : «A chaque fois que je venais, il était là. Comme par hasard», glisse-t-elle, les yeux plein de malice.
Le 27 avril 2014 à Fontenay-aux-Roses, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir de la déportation, Raymond Lesueur, Fontenaisien depuis plus de 50 ans, a été reconnu par le représentant de l’Ambassadeur d’Israël en France « Juste parmi les Nations ».
Le titre de « Juste parmi les Nations » est la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, durant la Seconde Guerre mondiale ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi, en les cachant et en leur apportant les vivres nécessaires à leur survie.
Sur le diplôme et la médaille de « Juste parmi les Nations » qui lui ont été remis figure cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers ».
Le 15 mars 2015, Raymond Lesueur a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de Laurent Vastel, maire de Fontenay-aux-Roses.
Raymond Lesueur est décédé le 22 avril 2016.
Pour faire perdurer son souvenir, une allée du parc jouxtant la mairie porte son nom.
Raymond Lesueur et son épouse (1923-2018) sont inhumés au cimetière de Fontenay-aux-Roses (19ème section).
Plaque apposée gare de Paris-Montparnasse « 1939-1945 – SNCF – à la mémoire des agents des arrondissements de Paris Montparnasse ».
Décédé le 2 juin 1944, Joseph Graveleau est une victime civile de la Deuxième Guerre mondiale.
Joseph Maurice Graveleau est né le 30 janvier 1900 à La Chapelle-Largeau (Deux-Sèvres).
Marié, père de deux enfants, il était domicilié 29 rue de la gare à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Agent SNCF, il décède le 2 juin 1944 à Massy (Essonne), victime à 20h30 des bombardements lors d’un raid américain :
« Le 2 juin 1944, c’est le nœud stratégique de Massy-Palaiseau ou convergent les voies de la Grande Ceinture et du Chartrain, passage obligé pour rejoindre les gares normandes qui est dans le viseur des bombardiers américains. Ce sont 163 appareils US qui envahissent le ciel parisien vers 19 h 30. La visibilité est moyenne ce qui perturbe la frappe. Les premières bombes tombent au moment où un train de voyageurs en provenance de Versailles entre en gare de Massy-Palaiseau. Plusieurs coups au but frappent le convoi si bien que les sauveteurs découvrent dans les voitures éventrées et renversées quarante tués et une soixantaine de blessés. A Palaiseau on dénombre trente tués et autant de blessés. On compte sur Massy et sur Palaiseau plus de mille sinistrés. Il faut dire que deux cents bombes ont touché des pavillons ainsi que la gare du métro qui est dévastée. »
Le nom de Joseph Graveleau est inscrit sur le Monument aux Morts de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), dans la liste des 21 victimes civiles.
Joseph Graveleau est inhumé dans le carré militaire du cimetière de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).